mar.

08

déc.

2009

Cindy Sherman, #205 (1989), analyse d'oeuvre

Cindy Sherman # 205
# 205 (1989)

La photographe américaine Cindy Sherman s'inspire d'images existantes, comme des films ou des oeuvres d'art. Elle les réinterprète à sa manière, en se mettant elle-même en scène : elle est à la fois le photographe et le modèle.

 

Regardez par exemple cette photographie de la série "History Portraits" (Portraits d'histoire). Ne vous rappelle-t-elle pas une oeuvre peinte à la Renaissance ? Comme de nombreux artistes de toutes époques, Cindy Sherman s'est inspirée d'un tableau très connu. Il s'agit ici d'une oeuvre de Raphaël, La Fornarina. On ne l'a découverte qu'à la mort de Raphaël, cachée dans son atelier (derrière des volets en bois) comme si le peintre avait voulu garder pour lui cette image d'une femme sensuelle, probablement son amante.

 

Cindy Sherman joue avec l'histoire de ce tableau. Elle commence par s'habiller comme la Fornarina et prend la même pose. Cependant elle détruit le côté sensuel de la toile en enfilant une fausse paire de seins et un faux ventre tout en nous regardant droit dans les yeux (tandis que la Fornarina est plus séductrice avec son regard dérobé). Cindy Sherman ne copie donc pas parfaitement son modèle, mais elle y glisse des éléments qui en changent le sens. Elle nous rappelle ainsi qu'une photographie ou une peinture, même quand il s'agit de portraits, ne sont jamais des copies exactes de la réalité. L'artiste laisse souvent transparaître sa propre vision des choses.

 

Source : Dada.

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Commentaires : 2
  • #1

    naitsirch (vendredi, 08 juillet 2011 19:52)

    c'est également introduire la notion du beau et du laid : cet (auto)portrait s'éloigne des canons traditionnels de la beauté. Le modèle, c'est-à-dire son propre corps n'est pas mis en valeur : il est littéralement laid.
    http://artmoco.unblog.fr/

  • #2

    camille (dimanche, 08 janvier 2012 19:23)

    Un très bon site.