sam.

19

janv.

2013

Les statues du prince Rahotep et de sa femme Nofret.

Les statues du prince Rahotep et de sa femme Nofret.
Les statues du prince Rahotep et de sa femme Nofret

En 1871, des ouvriers découvrirent au nord de la pyramide de Meïdoum, une grosse stèle en calcaire. La forme des caractères et l'inscription figurant sur la stèle indiquaient que celle-ci avait appartenu à deux membres de famille royale ayant vécu sous l'Ancien Empire (IV dynastie). Les fouilles de l'équipe de S. Daninos menèrent à un puits où étaient enfouis depuis des siècles, les magnifiques statues en calcaire peint du prince Rahotep et de sa femme Nofret, deux des oeuvres les plus célèbres et les plus remarquables de l'art égyptien.

 

Les deux personnages sont assis sur un siège à très haut dossier qui masque complètement leur dos. Rahotep, vêtu d’un pagne blanc et paré d’un collier ras du cou, porte les cheveux courts et une fine moustache. Il ramène sa main droite, fermée, sur sa poitrine, tandis que la gauche est posée sur son genou. Nofret est drapée dans un long manteau qui laisse apparaître les bretelles de sa robe.Une volumineuse perruque mi-longue enveloppe sa tête mais les vrais cheveux de Nofret apparaissent un peu sur son front, dépassant de dessous la perruque en une boucle en forme d’accolade, typique des statues féminines du début dela IVème dynastie.

 

Les têtes sont admirablement sculptées et les yeux de ses deux statues renvoient un regard animé grâce à une technique d'incrustation qui donne cette impression de vie: Une enveloppe de bronze représentant les paupières enchâsse le globe formé d'un fragment de quartz blanc, au centre duquel un morceau de cristal de roche représente la prunelle. Sous ce cristal est fixé un clou brillant qui détermine le point visuel et produit ce rayonnement qui fait croire à la persistance de la vie. On est frappé par la noblesse et la rigidité de leur pose, mais surtout par l'intensité de leur regard, auquel l'association élaborée de divers matériaux confère ce que Mariette (un égyptologue français) a appelé "l'éclat scintillant de l'oeil humain".

 

Ce couple, à juste titre célèbre, marque brillamment l’entrée du naturalisme dans l’art égyptien, tout en gardant un certain nombre de conventions: Stricte frontalité de l’attitude, couleur ocre rouge réservée à la carnation masculine et ocre jaune pour la carnation féminine. Les sculpteurs contemporains de Snéfrou et de Khéops portent une attention nouvelle aux traits les plus marquants de chaque physionomie. Les corps de Rahotep et de Nofret, aux membres librement articulé, sont modelés en amples volumes arrondis caractéristiques de ce style sévère.

 

Avec les statues plus anciennes d’environ un siècle de Sépa et Néset (début dela III ème dynastie, Musée du Louvre), Rahotep et Nofret constituent un des exemples les plus précoces, les plus grands  mais aussi des plus aboutis de la statuaire du premier style "royal" de l’Ancien Empire.

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