jeu.

27

janv.

2011

Le mouvement Symboliste (Symbolisme)

Arnold_Boecklin_-_Island_of_the_Dead,_Third_Version 1883
Arnold Boecklin, Island of the Dead, Third Version, 1883

Le symbolisme est un mouvement littéraire artistique apparu en France et en Belgique vers 1870, en réaction au naturalisme. C'est Jean Moréas le premier qui emploie ce terme dans un article du Figaro pour parler de la poésie de Mallarmé, de Baudelaire et de Verlaine. Il l'utilise pour désigner l'analogie que cette poésie souhaite établir entre l'idée abstraite et l'image chargée de l'exprimer. Le symbolisme tient son originalité de son extension géographique (il se répand partout dans le monde), de son contenu esthétique et de son déroulement chronologique. Le symbolisme met l'accent sur les états psychiques intermédiaires (le rêve, le fantastique...). Il préfère en effet le rêve à la banalité de la vie, la musique à la chanson... Le mouvement symboliste tente de stimuler l'imaginaire et la sensibilité des gens. Il permet le passage du monde réel au monde de l'idée.

 

Le symbolisme n'est pas un genre en soi mais plutôt une démarche intellectuelle qui use de moyens variés pour traduire de manière plastique et manuscrite le message symboliste : un tableau, une sculpture, un roman, une poésie symbolistes restent avant tout énigmatiques. Ce n'est pas la compréhension visuelle de l'observateur que l'on recherche mais sa sensibilité, son émotion. A l'heure ou la science impose ses certitudes, le symbolisme, lui, nous présente un univers dans lequel l'étrangeté et l'ambiguité règnent en maître: Etres hybrides, androgynes, femmes à la fois attirantes et fatales peupleront l'univers symbolique. Art de suggestion, d'idée, de mystère, le symbolisme deviendra un des mouvements les plus importants de la fin du XIXème siécle. Il dépasse largement les frontières de l'Europe et se développe dans de nombreuses disciplines artistiques: Théâtre, architecture, arts appliqués, peinture, poésie...

 

En poésie :
Les poètes symbolistes essaient d'atteindre une réalité transcendante et cherchent à saisir l'idéal comme l'ont tenté Baudelaire ou Rimbaud.  Ils espèrent trouver la clé d'un univers spirituel. Dès lors, pour eux, la poésie est un instrument de connaissance qui traduit les découvertes du poète par des symboles verbaux. En effet, le symbole est le secret de la poésie. Les poètes cherchent aussi un langage fluide, musical et pur. Le vers libre est une de leurs innovations pour s'affranchir de la rime et de la métrique régulière. Baudelaire influence l'école symboliste pour la recherche de l'Idéal; Mallarmé, de son côté, accorde beaucoup d'importance à la fonction poétique du langage comme un médiateur entre réel et idéal. En effet, le symbolisme est essentiellement l'idéalisme appliqué à la littérature.

 

En peinture:
Le symbolisme est une réaction au naturalisme. Il s'agit de "vêtir l'idée d'une forme sensible". Les symbolistes ne peignent pas fidèlement l'objet, contrairement aux naturalistes, mais recherchent une impression, une sensation, qui évoque un monde idéal et privilégient l'expression des états d'âmes. Les symboles permettent d'atteindre la réalité supérieure de la sensibilité. Le peintre symboliste se tourne vers le passé, la nature, l'ésotérisme et le satanisme, le mystérieux et l'occulte, le mythe ou la religion. La femme est un important sujet d'inspiration. Par ailleurs, les thèmes du sommeil, de la nuit, du silence sont maintes fois exploités comme pour mieux nous préparer au rêve. La peinture symboliste est un art du caché, de l'ailleurs, de l'invisible où le symbole occupe une grande place.

 

Quelques peintres:

Gustave Moreau (1826-1898) 
Gustav Klimt (1862-1918) 
Gustav-Adolf Mossa (1883-1971) 
Odilon Redon (1840-1916) 
Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) 

 Edvard Munch (1863-1944)
James Whistler (1834-1903) 

 Gustave Doré (1832-1883)
Carlos Schwabe (1877-1927)

 

L'artiste symboliste doit se confronter au mystérieux, au mélancolique, à l'occulte, à toutes les faces cachées de l'humain. Un portrait est symboliste si l'artiste met en valeur la dimension psychique, l'état d'âme de son sujet. Le regard, miroir de l'inconscient, dévoile le secret. Les thèmes communs d'inspiration sont la solitude, l'imaginaire, la mort. Il faut comprendre le symbolisme comme un grand mouvement culturel qui a marqué la fin du XIXème siècle et le début du XXème. Il a fasciné des nombreux artistes dans toute l'Europe, la Russie et même les États-Unis. Le symbolisme englobe les préraphaélites en Angleterre, les nabis en France, le mysticisme en Allemagne et va jusqu'au courant pictural de l'Art Nouveau. 

 

En 1891, le critique d’art Georges Albert Aurier rédigea un article sur la peinture de GAUGUIN, pour définir ainsi le Symbolisme : « L’œuvre d’art devra être : premièrement idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée ; deuxièmement symboliste, puisqu’elle exprimera cette idée en formes ; troisièmement synthétique, puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension général ; quatrièmement subjective, puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet, mais en tant que signe perçu par le sujet ; cinquièmement l’œuvre d’art devra être décorative ».

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